Biktarvy®

Bictégravir 50 mg / Emtricitabine 200 mg / Ténofovir alafénamide 25 mg
Fabricant : Gilead
1 comprimé DIE avec ou sans nourriture. Pour les doses oubliées, la monographie recommande l’intervalle de 18 heures.
Prendre la dose oubliée le plus tôt possible, à moins qu’il ne reste que 18 heures ou moins avant la prochaine dose. Ne pas doubler la dose.
1 comprimé DIE avec ou sans nourriture pour les enfants ou adolescents ≥ 25 kg
Population pédiatrique <25 kg : Non recommandé car efficacité et innocuité non établies
Clcr ≥ 30 mL/min : Aucun ajustement nécessaire
Clcr < 30 mL/min et ≥ 15 mL/min : Administration non recommandée car absence de données (Étude en cours)
Clcr < 15 mL/min (traités de façon chronique par hémodialyse) : Aucun ajustement nécessaire, administration après les séances de traitement le jour de l’hémodialyse
Clcr < 15 mL/min (non traités de façon chronique par hémodialyse): Administration non recommandée car absence de données
On ne dispose d’aucune donnée permettant de formuler une recommandation posologique chez les patients pédiatriques atteints d’insuffisance rénale.
Child-Pugh A ou B : Aucun ajustement nécessaire
Child-Pugh C : Administration non recommandée (non étudié chez cette population)
Biktarvy® a été étudié chez les patients naïfs au traitement ainsi que chez les patients en changement de traitement présentant une suppression virologique et n’ayant aucune résistance documentée.
Nom de l’étude |
Groupes comparateurs |
Résultats d’efficacité (atteinte charge virale < 50 copies/mL à 96 semaines) |
| GS-US-380-1489 | BIC/FTC/TAF (N=314) vs DTG/ABC/3TC (N=315) | Non-infériorité du BIC/FTC/TAF (88% vs 90%, IC95% -6,9% à 3,1%) |
| GS-US-380-1490 | BIC/FTC/TAF (N=282) vs DTG + FTC/TAF (N=297) | Non-infériorité du BIC/FTC/TAF (84% vs 86%, IC95% -7,9% à 3,2%) |
Nom de l’étude |
Groupes comparateurs |
Résultats d’efficacité (charge virale < 50 copies/mL à 48 semaines) |
Types de patients |
| GS-US-380-1844 | BIC/FTC/TAF (N=282) vs poursuivre DTG/ABC/3TC (N=281) | Non-infériorité du BIC/FTC/TAF (1% vs <1%, IC95% -1,0% à 2,8%) | Suppression virologique depuis ≥ 3 mois; majorité avec CD4+ ≥ 500 cellules/µL; aucune résistance documentée ou suspectée à DTG, ABC, 3TC, FTC ou ténofovir |
| GS-US-380-1878 | BIC/FTC/TAF (N=290) vs poursuivre inhibiteur de la protéase potentialisé (DRV ou ATV) + ABC/3TC ou TDF/FTC (N=287) | Non-infériorité du BIC/FTC/TAF (2% vs 2%) | Suppression virologique depuis ≥ 6 mois; majorité avec CD4+ ≥ 500 cellules/µL; aucune résistance documentée à FTC, ténofovir, ABC ou 3TC |
Cette étude observationnelle en cours vise à démontrer l’efficacité, la sécurité et la tolérabilité du bictégravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide (BIC/FTC/TAF) chez 1400 personnes vivant avec le VIH en Allemagne, au Canada, en France et aux Pays-Bas. Au moment de la cueillette des données (mars 2020), 513 patients recevant BIC/FTC/TAF (n=84 naïfs/n=429 expérimentés) avaient complété 12 mois de visites. Un haut niveau d’efficacité et de sécurité a été observé chez les participants hommes et femmes, y compris les personnes plus âgées. 100% des participants naïfs et 96% des patients expérimentés avaient une charge virale <50 copies/mL. Aucune substitution de résistance majeure aux composants n’a émergé. Des effets indésirables liés au médicament sont survenus chez ~15% des participants, les plus fréquents étant gastro-intestinaux (5%) et neuropsychiatriques (4%).
Étude GS-US-380-1489 (semaine 96)
|
||
| BIC/FTC/TAF | DTG/ABC/3TC | |
| Nausées | 11% (6%) | 24% (17%) |
| Diarrhée | 15% (6%) | 16% (4%) |
| Céphalées | 13% (5%) | 16% (5%) |
| Fatigue | 9% (< 5%) | 11% (< 5%) |
| Douleur au dos | 8% (< 5%) | 10% (< 5%) |
| Insomnie | 7% (< 5%) | 10% (< 5%) |
Étude GS-US-380-1490 (semaine 96)
|
||
| BIC/FTC/TAF | DTG + FTC/TAF | |
| Nausées | 9% | 11% |
| Diarrhée | 18% | 16% |
| Céphalées | 16% | 15% |
| Fatigue | 8% | 10% |
| Douleur au dos | < 10% | < 10% |
| Insomnie | < 10% | < 10% |
Au sein de ces deux études, ≤ 3% des patients ont abandonné l’étude pour cause d’effet indésirable ou de mortalité (semaine 96).
Pour la gestion des effets indésirables associés aux antirétroviraux, voir la section gestion des effets indésirables.
Le bictégravir augmente la concentration sérique de la créatinine via une inhibition de la sécrétion tubulaire. Cela ne doit pas être interprété comme une altération de la fonction rénale. L’augmentation survient habituellement dans les quatre premières semaines de traitement et est, en moyenne, d’une valeur d’environ 10 μmol/L. ll faut en tenir compte lorsque l’on estime la fonction rénale d’un patient. Certains vont soustraire la créatinine sérique observée lors de l’ajout du bictégravir avant de faire le calcul du taux de filtration glomérulaire estimée.
Une augmentation de grade 3-4 a été observée chez 4% des participants.
Grade 1 : 9% (bilirubine); grade 2: 3% (bilirubine); grade 3-4 : 2% (AST) 1% (ALT).
Aucun arrêt de traitement en raison de la perturbation de la fonction hépatique à la semaine 48.
Inhibiteur de l’intégrase
Inhibiteurs de la transcriptase inverse
Bictégravir : 2-4 h
Emtricitabine : 1,5-2 h
Ténofovir alafénamide : 0,5-2 h
* Les valeurs reflètent l’administration de BIKTARVY® avec ou sans nourriture
Bictégravir : 17,3 h
Emtricitabine : 10 h
Ténofovir alafénamide : 0,5-1 h (ténofovir 32,37 h)
Ténofovir alafénamide : 150-180 h dans les cellules mononuclées du sang périphérique
Bictégravir : > 99 %
Emtricitabine : < 4 %
Ténofovir alafénamide : ~80 %
Bictégravir : CYP3A et UGT1A1 (Contribution similaire)
Ténofovir alafénamide : cathepsine A et CES1
Bictégravir : Hépatique
Emtricitabine : ~86 % excrétion urinaire et ~14 % dans les fèces sous forme inchangée
Ténofovir alafénamide : Hépatique
Il n’y a pas suffisamment de données pour évaluer l’innocuité et l’efficacité du Biktarvy® chez les femmes enceintes ou qui allaitent.
Les professionnels sont encouragés à déclarer les cas de grossesse en vue de les ajouter au registre :
www.apregistry.com/ Téléphone : 1-800-258-4263 Télécopieur : 1-800-800-1052.
Patient co-infecté avec l’hépatite B
Administration avec d’autres antirétroviraux
Voir la monographie et le module d’interactions pour des détails supplémentaires.
Une étude chez 18 volontaires sains (Hoqueloux L et al, 2021) a montré que le comprimé de Biktarvy® dissout dans l’eau a entraîné une augmentation et une diminution très modestes de la biodisponibilité du bictégravir et du ténofovir alafénamide, respectivement. Le comprimé écrasé dans de la compote de pommes a entraîné une réduction de la biodisponibilité du ténofovir et de l’emtricitabine comparativement au comprimé entier. Dans une étude rétrospective incluant 19 patients (Mercure J et al, 2025) ayant reçu du Biktarvy® broyé ou dissous par sonde entérale pendant une durée médiane de 19 jours, 89% (n=17) se sont révélés indétectables. Les deux patients dont la charge virale était détectable au départ ont présenté une réduction de 2,8 et 3,3 log de leur charge virale au suivi. Selon ces données, Biktarvy® pourrait être administré broyé ou dissous dans l’eau pour les patients ayant des difficultés de déglutition, à condition d’effectuer un dosage plasmatique du bictégravir et du ténofovir (lorsque disponible) en cas d’administration prolongée.
Cinq rapports de cas existent concernant l’administration de comprimés écrasés de Biktarvy®. Dans trois cas, la charge virale des sujets ayant pris du Biktarvy® écrasé ou dissous pendant une courte période est demeurée indétectable. Dans deux cas, les sujets n’ont pas pu obtenir de suppression virologique après avoir reçu du Biktarvy® écrasé.
Le premier cas, un homme afro-américain de 78 ans nouvellement diagnostiqué d’un cancer du pancréas a bénéficié de la pose d’une sonde PEG pendant son séjour à l’hôpital et la chimiothérapie a été commencée en ambulatoire à sa sortie de l’hôpital. Le patient a conservé la sonde PEG en raison d’une dysphagie persistante et il lui a été conseillé d’écraser le Biktarvy® afin de poursuivre le même traitement antirétroviral, comme il le souhaitait. La charge virale du patient est restée indétectable après 7 mois de Biktarvy® écrasé dilué dans 30 à 60 ml d’eau administré via la sonde PEG séparément des alimentations par sonde auto-administrées tout au long de la chimiothérapie pour éviter les interactions avec les cations polyvalents (Roa and Bazzi, 2022).
Le deuxième cas, un homme de 64 ans avec une dysphagie importante secondaire à un cancer de l’œsophage. La charge virale est demeurée indétectable pendant 10 mois avec l’administration de Biktarvy® écrasé dans 30 à 60 ml d’eau via le tube PEG suivie immédiatement après l’administration de 240 ml d’une formule entérale (Jevity 1.2) (Fulco PP et al, 2020).
Le troisième cas, une femme de 52 ans ayant dissous le comprimé de Biktarvy® dans une cuillerée à soupe de jus d’orange (sans aucune manipulation) et ensuite avalé après 10 minutes. La patiente n’a pas consulté son pharmacien ni son médecin traitant avant de commencer ce mode d’administration. Le traitement s’est poursuivi pendant 12 mois et la patiente a conservé une charge virale < 20 c/mL et son taux de CD4 a augmenté (valeur initiale : 282 cellules/μL ; après 12 mois : 370 cellules/μL). Les auteurs ont observé visuellement que le pelliculage se dissolvait complètement après 4 minutes et que le comprimé se désintégrait dans du jus d’orange (pH 4) après 14 minutes sans agitation (Ferrandez JS et al, 2020).
Le quatrième cas, un homme de 43 ans nouvellement diagnostiqué avec le VIH et hospitalisé avec une charge virale de 769 704 c/mL et un taux de CD4 de 36 cellules/μL. Le 8e jour d’hospitalisation, il a débuté un traitement quotidien de Biktarvy® par voie orale. Le 28e jour, après avoir reçu 14 des 20 doses prévues, sa charge virale était de 5 887 c/mL. Au 38e jour, il a commencé à recevoir du Biktarvy® écrasé dilué dans 30 ml d’eau administrée par une sonde PEG avec une alimentation continue par sonde. Le 65e jour, le patient avait reçu 37 doses consécutives de Biktarvy® et son taux d’ARN du VIH était de 8 047 c/mL. Au jour 67, son traitement ARV a été remplacé par DTG deux fois par jour + DRV/r + FTC/TDF. Un panel de résistance a montré des mutations E157Q et V118I. Il est sorti de l’hôpital le 161e jour et le Biktarvy® par voie orale a été repris une fois la sonde PEG retirée 2 mois plus tard, date à laquelle sa charge virale était de 429 c/mL. Le patient a obtenu une suppression virologique et est resté supprimé lors du suivi à 1 an (Rowe SM et al, 2022).
Le dernier cas, une femme de 39 ans avec une dysphagie due à une leucoencéphalopathie multifocale progressive. Une réponse virologique adéquate de 4 semaines (diminuée de 1 023 292 à 1084 copies/mL) et ensuite avec Biktarvy® écrasé et administré sous forme de solution via le tube nasogastrique pendant 6 semaines. Par contre, 12 semaines après avoir débuté Biktarvy®, la charge virale de la patiente a augmenté et plusieurs mutations sont apparues (M184V,L74I and R263K). On ne sait pas si l’échec de Biktarvy® est dû à une exposition antérieure à des antirétroviraux (avec échecs et résistances) ou l’administration du comprimé écrasé de Biktarvy® (Lozano AB et al, 2020).
Pour la compagnie, les données sont actuellement insuffisantes et elle recommande de ne pas couper ou écraser le comprimé et de l’avaler en entier.
Conserver les comprimés à une température inférieure à 30° C.
BIC, bictégravir; FTC, emtricitabine; TAF, ténofovir alafénamide; DIE, une fois par jour; Clcr, clairance à la créatinine; DTG, dolutégravir; ABC, abacavir; 3TC, lamivudine; DRV, darunavir; ATV, atazanavir; TDF, ténofovir disoproxil fumarate.